La nostalgie peut me prendre à la gorge à tout moment sans crier gare. Il suffit d’un rien.
Sur un sentier des Cévennes, j émerge sur un crêt et devant moi s’étendent des plans infinis de montagnes bleues coiffées par endroits d’une traînée de nuages effilochés. Il suffit de ce rien pour que ma pensée fasse un bond en arrière vers les paysages des hauts plateaux du Vietnam, faits de montagnes pas très hautes mais rendues impénétrables par un fouillis inextricable d’arbres reliés entre eux par des ronces et des lianes grosses comme l’avant-bras d’un homme, lieux de mes fantasmes enfantins peuplés de tigres, de serpents, de gibbons et autres créatures fantastiques….Le mal du pays…..Mon mari, avec ironie , m’a maintes fois demandé : quel pays ? Mon pays natal ou tous les lieux où nous avons vécu et que j’ai passionnément aimés d’un amour sans bornes comme peuvent en éprouver les orphelins pour une mère, ou les déracinés pour une terre ? La campagne française devient l’espace d’une pensée furtive une estampe chinoise….un pincement au cœur et je reviens au présent. Je repars sur mon VTT ultra robuste, en compagnie de mes amis français, et je re-glisse dans ma peau de femme bien dans son temps, avec des préoccupations bien franchouillardes pour la retraite, les impôts, la crise économique, les sans-papiers, les bouchons sur les routes de vacances. Pour l’heure je me concentre sur la descente d’une pente caillouteuse dont il faut négocier le passage de chaque bosse.
Enfin, un petit pho’ de temps en temps ça fait pas de mal hein ?
bisous tout plein ma viet préférée.